Friedrich Schiller - Marie Stuart
Date de la note : 20 décembre 2005
Un lecteur du 21ème siècle, votre serviteur, lit une pièce
de théâtre d'un écrivain
du
18ème
siècle
qui
raconte
la tragédie d'une reine écossaise du 16ème siècle.
L'art est difficile et le
succès réside dans le caractère intemporel des situations,
des personnages, des
sentiments. Est-ce bien le cas ici ?
De plus le livre a été écrit en allemand, dans une langue,
dit le traducteur,
"où s'entrechoquent les mots, ce qui est difficile au français".
Une perte d'efficacité
certaine..
Les personnages ne me semblent pas parvenir à une véritable profondeur
ni à une simplicité ou une authenticité qui leur aurait garanti un peu d'immortalité.
Ils se déchirent, se battent, trahissent, s'enflamment, deviennent fous.
Ils
sont
sur
une
scène,
et
nous
restons
spectateurs. Leur humanité reste lointaine et ne nous touche guère.
Le costume
que leur a taillé la vie est un masque ; nous ne savons pas qui ils sont.
Si l'on y ajoute l'emphase
des propos, leur religiosité obscure et fanatique, tout cela
nous les
rend lointains, parfois dérisoires. Que reste-t-il, alors ?
Quelque chose de bien difficile à identifier rend cependant ce livre, malgré
ce
qui
précède, digne d'être lu. L'atmosphère y est d'une lourdeur extrême, chargée
dès la première ligne d'une promesse de mort. C'est le seul lien entre les personnages
et tout tourne autour de l'exécution attendue, peut-être même espérée par elle-même,
de
Marie
Stuart pour qui son tombeau est bien vite son seul horizon.
Difficile cependant de prendre tout cela très à coeur...
Editions L'Arche (1998) - 179 pages