Date de la note : 10 juin 2004
Il faut aimer le style discursif et souvent subtil de P. Quignard
pour apprécier ce livre écrit en 1986.
L'intrigue, elle, est mince. C'est le détail qui arrête, la description pleine
de finesse des êtres et des situations qui séduit. Il faut communier avec cette
vision sensible de l'auteur pour trouver matière à son plaisir. J'avoue avoir
eu parfois
du mal à poursuivre..
Un exemple de ces réflexions qui arrêtent le lecteur attentif : " Je
suis
un être
que
tout
ce
qu'il
a
vécu
hante" (p.281) nous
avoue l'auteur. Il est vrai que cette infirmité obsédante détruit
tout,
l'amour, l'amitié ou même le sens de sa propre vie. Car sans l'oubli
de ses haines, de ses
peurs
ou
de ses désirs c'est en effet un enfer qui s'ouvre, sans pardon, sans distance,
sans
répit. Le roman reflète bien cela en toile de fond.
Citons aussi la
relation
du narrateur avec
une
vieille
dame
originale,
aux traits un peu forcés, mais attachante. Une vraie amitié pétrie
de respect
mais aussi de cette attente fine de l'autre.
Un livre qui ressemble souvent à une oeuvre musicale, une polyphonie littéraire,
en sorte, pour amateurs éclairés.
Editions Folio 1928 - (1986) - 433 pages