Erri
De Luca - Noyau d'Olive
Date de la note : 16 juillet 2005
L'auteur (né en 1950) affirme ne pas avoir la foi mais
fait
de la bible son "noyau d'olive", une sorte de chewing-gum, support
masticatoire de ses ruminations
intellectuelles.
Elles
aboutissent aux textes brefs et assez poétiques qu'il nous livre ici.
Il me semble pourtant qu'il s'agit là d'une démarche désespérée,
un peu cannibale, pour s'approprier, consommer, l'essence de la foi. Les hommes
ne voient certes
dans la bible que ce qu'ils y mettent ; encore faut il qu'il ait choisi ce livre
plutôt
que les Essais de Montaigne ou autre chose.
Je me sens tout à fait étranger à
cette démarche. Cet onirisme sur fond de bible ne me concerne
pas. Je vois dans ce livre une variante d'autisme d'un de ces vieux enfants de
1968 qui, après avoir
rêvé d'universalime
révolutionnaire et de ses avatars modernes, écologiques, humanitaires
et sécuritaires,
engloutissent leur échec et leur solitude dans la contemplation
de soi pour avoir
été incapables
d'agir sur le monde ou d'aimer les hommes. Ici la bible sert de support à leur
logorrhée,
ailleurs
(Houellebecq,
par
exemple)
ce sera le sexe, ou la posture philosophique chez d'autres.
Ce qui, d'ailleurs, conduit EDL (voir son dernier chapitre) à étaler
sur le monde
la sinistrose qu'il porte en lui. Si la beauté est dans le regard, EDL
est aveugle
et de plus injuste avec le monde qui le porte.
Un vagabondage dans le vide.
Editions Arcades Gallimard (2004) - 100 pages