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Lorant (André) / Le perroquet de Budapest.
Récit autobiographique
AL est né à Budapest en 1930 dans une famille aisée de cette ville. Après avoir subi une persécution pour ses origines juives en 1944 , il subira la persécution communiste après la fin de la guerre pour son origine bourgeoise et émigrera en France en 1956 . Il est aujourd'hui professeur émérite à Paris XII.
Ce livre est une catharsis, provoquée par un voyage lucide, longtemps différé, de l'auteur dans son ancienne patrie hongroise. En effet, en 1997 il rassemble son courage pour plonger dans son passé, dans son enfance et son adolescence, et essayer de trouver une réponse à la question lancinante qu'il porte en lui : "mon pays, pourquoi m'as-tu abandonné ?".
Car abandonné, il l'a été deux
fois.
D'abord au cours des années 1940 où il portera l'étoile
juive, lui qui avait été baptisé et n'avait pas reçu
la circoncision. Lui dont la famille avait recherché sans réserve
l'intégration à cette Hongrie jusque là ouverte, et
qui sera dépouillée de ses biens et molestée. Il subira
toutes les humiliations antisémites qui atteindront leur paroxysme
en 1944, à l'époque des sinistres "croix fléchées"
hongroises, assistants fascistes de l'envahisseur allemand.
Il l'a été une seconde fois entre 1945 et 1956, quand son
passé "bourgeois" en fait un ennemi de classe pour les
communistes fondamentalistes au pouvoir, lui empêchant de vivre une
vie normale et de poursuivre sa carrière. La révolution de
1956 sera la rupture ; il quitte la Hongrie et dresse un paravent souvent
inconscient entre son passé et sa vie nouvelle, en France. Il faudra
attendre 1997 pour qu'il puisse regarder en face ce déchirement,
cette Hongrie dont il aurait souhaité être fier et qui trahi
lui et les siens par deux fois.
C'est cela que peu à peu le roman dévoile,
cette blessure encore ouverte, cette relation d'amour - haine de l'auteur
vis à vis de son ancien pays. Chaque pas dans la ville est un souvenir
qui se dévoile, bon et mauvais. Cheminement passionnant, plein de
discrétion et de nostalgie, sans haine, et qui conduit l'auteur à
la sérénité. C'est aussi l'occasion de quelques très
belles pages de réflexion ; lisez, à titre d'exemple les pages
97 et 98 sur l'humanité de uvre d'art.
C'est enfin, pour ceux qui connaissent un peu et apprécient Budapest,
et dont je suis, une promenade guidée qui donne à chaque pierre
un peu plus de sens.
Éditions Viviane Hamy 2002 (281 p.)
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