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Marc Dugain - L'Emprise




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Marc Dugain - L'Emprise

livres-et-lectures.net - Date de la note : 4 janvier 2016

Voici un bon thriller de politique fiction, mais faisant référence à des personnages réels à peine voilés. Est-ce bien sage de leur prêter tant de noirceur, quand ils ne peuvent pas se défendre ? Je sais bien que nous sommes dans un pays où il n'y a pas un seul industriel dans les 50 personnalités préférées des Français. Tirer sur l'entreprise est un sport national politiquement et socialement correct. Ne nous étonnons pas de notre désindustrialisation et du chômage... Dommage que MD se prête à ce jeu.

Un romanesque enjeu de pouvoir et les mauvais coups qu'il suscite font le coeur de l'intrigue. Les personnages sont tous d'immondes salopards, avides, baiseurs et à l'échine flexible. Romantique, donc, à souhait. Les femmes ne valent guère mieux que les hommes, même si on sent parfois une petite dose de compassion.
Pour avoir pas trop mal connu l'entreprise à un bon niveau, je suis toujours gêné de la voir présentée sous la coupe de tels malandrins, même si, dans la réalité, certains s'approchent de cet archétype socialo-bien pensant.
Un détail : mon expérience me fait penser que ce ne sont pas ceux qui réussissent. Il manque à ces désenclavés de la morale ce qui fait vraiment des chefs d'entreprise, à savoir une vision stratégique intuitive à long terme et la capacité d'entraîner des hommes. Ce qui pour moi, donne à ce livre la valeur d'un dessin d'enfant face à une madone de Bellini...

Si le lecteur passe outre les récriminations ci-dessus, alors il peut s'intéresser au reste qui est souvent réussi. Ce n'est pas l'humour d'Audiard et de ses "Tontons flingueurs", mais les sombres caricatures d'industriels, d'hommes politiques, de spécialistes de sécurité, de syndicalistes et autres têtes de Turc ne nous ennuient pas un instant. Encore qu'un peu d'humour autre que grinçant aurait fait du bien.

Quant à la fin, plutôt torchée à la va-vite, ou bien elle traduit la panne d'inspiration et je n'achète pas le livre 2 de la trilogie, ou bien elle est volontairement sabotée pour qu'on achète la suite. Même conclusion.

Folio 5925 (2014) - 355 pages